Les fossiles des vertébrés des faluns du val de Loire Les proboscidiens
Plan du site / Mammifères/ Les proboscidiens / Gomphothérium
 

Gomphothérium

La plus petite des plus grandes!

 Gomphotherium tooth

Il est très rare de trouver une dent de gomphotherium complète ou sub-complète. En effet elles sont de taille telle qu’elles sortent rarement complètes des tas de faluns. Ce sont même les plus grandes dents jugales qu'on puisse trouver dans ces sédiments. Par ailleurs la forme de ces dents les rend propice à la rupture. Finalement la dent de Gomphotherium la plus facile à trouver complète est la prémolaire inférieure parce qu’elle est de toute petite taille et elle est assez compacte!

 

 

Ma petite théorie sur les défenses des Gomphothériums

Gomphotherium était un animal généraliste qui se nourrissait de toute végétation accessible et de préférence de jeunes pousses au sol. On peut imaginer l’animal en train de prendre un jeune plant d’arbre avec sa trompe, le porter sur le devant des défenses inférieures et en briser la tige sans trop d’effort.

gomphotherium Donc si l’on regarde bien, les défenses inférieures trouvent assez facilement leur utilité. Les défenses inférieures sont rectilignes et accolées l’une à l’autre. Cet ensemble forme une gouge et, à l’extrémité au point de rencontre de ces défenses, on peut observer des traces d’usure.

La longueur de la mâchoire inférieure trouve ainsi sa justification. Les proboscidiens, ayant un jeu modéré au niveau du cou, les gomphotheriums ont évolué de manière à ce que la mâchoire atteigne le ras du sol sans trop d’efforts pour accéder aux plantes.

On notera avec intérêt que cette option est en vérité tout le contraire de celle adoptée par les éléphants actuels qui ont allongé leur trompe, plutôt que leur mâchoire. Mais la finalité est conservée : accéder facilement à la nourriture.

Crâne de GomphotheriumMais alors que penser des défenses supérieures ?

Tout d'abord il faut savoir que seuls les mâles sont dotés de défenses supérieures proéminentes. Les femelles n’ont que des défenses relictuelles et parfois elles ne ressortent même pas de la mandibule. Ces défenses montrent une curiosité : elles sont orientées vers le bas. Or la plupart des proboscidiens plus tardifs et plus évolués ont les défenses supérieures qui partent vers le bas puis s’orientent vers le haut.

On pourrait penser qu’il s’agit d’un vestige de l’évolution. En effet les défenses ne sont que des incisives et de manière naturelle, les incisives de la mâchoire supérieure sont orientées vers le bas.
On peut aussi trouver une origine fonctionnelle à cette configuration. D’après les traces d’usure des ces défenses supérieures, il est probable qu’elles devaient servir de pince se refermant dans un mouvement vertical sur les branchages maintenus par les défenses inférieures.

Mais je suis aussi amené à proposer une autre petite théorie qui tient à la mécanique de la mâchoire.

On sait que la mâchoire inférieure des gomphotheriums est très proéminente. En cas de choc sur l’extrémité des défenses, on imagine très bien le couple important exercé à la commissure, à l’articulation entre la mandibule et le crâne. Même avec un montage robuste, cet emboîtement doit être très sensible aux chocs latéraux violents en bout de défense.

Lors d'un combat entre mâles un mouvement brusque de la tête, et clac! La mâchoire est déboîtée. Or un animal qui n’est pas capable de manger est un animal mort. Donc la sélection naturelle aurait favorisé les individus mâles présentant des garde-fous de protection autour de la mâchoire inférieure. L’orientation vers le bas des défenses prend tout son sens puisqu’elle encadre la mâchoire inférieure. Le moindre développement des défenses supérieures chez femelles conforterait cette explication.