Les fossiles des vertébrés des faluns du val de Loire Périssodactyles
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Anchitherium Le cheval des débuts du Miocène

Tombé de la passerelle de l'arche de Noé!

Les chalicothères sont des périssodactyles atypiques. Ces animaux déséquilibrés reposaient en grande partie sur les membres arrière qui sont courts mais robustes. Chalicotherium (Anisodon) Grande était adapté et hyper spécialisé aux milieux boisés. Compte tenu de la rareté des fossiles, il est souvent dit que cet animal devait être solitaire un peu à la façon des Okapis dans les forêts denses. En fait on n'en sait rien, c'est encore une fois par référence au mode de vie des grands mammifères dans les forêts denses qu'on en arrive à cette conclusion probable.

Les pattes arrière trapues sont adaptées à 2 comportements : s'asseoir pour manger ou se redresser pour accéder aux branches des arbres. Les doigts ont évolué en griffes.
Les pattes de devant se sont libérées d'une partie des contraintes de supportage et se sont adaptées en auxiliaires pour l'alimentation.
La morphologie de la main constitue un handicap physique pour la course. On imagine mal le chalicotherium en train de détaler pour échapper aux prédateurs. En effet la configuration du squelette en général et la portée sur la main en particulier ont tendance à limiter l'aptitude à la course.

Mais comment le vulnérable Chalicotherium Grande a-t-il survécu si longtemps avec un handicap si lourd? Il y a 2 solutions :

-Soit le chalicothère adulte est de taille significativement plus importante que le plus gros des prédateurs. Ainsi un rhino en bonne santé ne sera pas inquiété par un lion.
(Mais au miocène, les chalicothères devaient croiser la route de puissants prédateurs (Amphicyon et parfois même Hyainailouros. )

-L'autre hypothèse c'est que le chalicothere a dû développer des parades spécifiques pour ré-équilibrer la relation entre proie et prédateur. Objectivement le Chalicothère n'était armé ni pour mordre ou ni pour ruer. Alors on peut penser que les doigts dotés de longues griffes constituent une arme redoutable.
D'autant plus redoutable que le chalicothère doit avoir développé une certaine dextérité avec ses pattes antérieures du fait de son mode d'alimentation méticuleux.

 

Des dents en calice ...

Il s'agit de dents assez particulières qui devaient être très spécialisées pour un type précis d'alimentation. Les dents Dents supérieures inférieures forment de petits calices (d'où le nom de chalicothère en grec). Et les dents supérieures aménagent de petits pilons et l'association des dents inf et sup permettaient de broyer soigneusement les feuilles tendres dont se nourrissait l'animal. La dent présentée ici est une dent supérieure M1 d'une animal adulte présentant d'importantes facettes d'usure fonctionnelle.

Avec cet outillage, le chalicothère devait être très méticuleux dans le choix des feuilles dont il se nourrissait.

Quand on est un monogastrique, on peut faire le choix de manger beaucoup et « faire du rendement quantitatif » au détriment du « rendement qualitatif ». C'est le cas de l'éléphant. L'autre option retenue par le chalicothère : une spécialisation importante en mangeant peu mais en choisissant des aliments très nutritifs. Pour autant l'étude de l'usure de l'ivoire a permis de monter que ces dents étaient aussi utilisées pour broyer des brindilles et même de l'écorce.