Les fossiles des vertébrés des faluns du val de Loire Insectivores
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La taupe une star de l'évolution

Les restes de talpa des faluns

AgrandirHumérus de taupeRares à cause de la petite taille de l'animal qui rend les os fragiles.

Cependant l'humérus qui est le pilier des membres fouisseurs, fait exception et l'on peut rencontrer cet os dur et trapu dans les faluns. L'humérus est proportionnellement plus long chez Proscapanus que chez la taupe actuelle. On notera qu'on retrouve rarement l'humérus en entier. Toute la partie fine évasée de l'os a tendance à disparaître et il ne reste souvent que le petit X de l'articulation. Proscapanus était une toute petite taupe comparée à Talpa Europaea. Ce qui fait de Proscapanus un tout petit insectivore et donc un animal difficile à retrouver dans les sédiments.

La taupe actuelle

Même à la campagne, beaucoup de gens côtoient les taupes sans jamais en avoir vu une seule. La taupe est donc un animal qui passe assez inaperçu mais qui demeure un être extraordinaire.

D’un point de vue évolution, l’animal reste un vrai phénomène à cause de son adaptation à la vie sous terre. Presque aveugle, cet animal ne connaît le monde que par son odorat, son ouie et surtout un sens du toucher exacerbé.

La taupe est profilée pour creuser des galeries. Un corps cylindrique et surtout les pattes avant en forme de pelle en font le seul vrai mammifère adapté à la vie souterraine. La taupe creuse aussi bien le jour que la nuit et réalise un réseau complexe de galeries et de chambres.

Elle ne remonte que très rarement à la surface. La seule preuve qu’une taupe est dans un jardin est la présence de monticules de terre qui font enrager les jardiniers. La taupe se nourrit de vers de terre, chenilles et autres larves d'insectes, de limaces. Elle ne consomme pas les racines qu’elle sectionne en creusant ses galeries.
Sa technique de chasse est essentiellement basée sur la détection tactile de ses proies à partir des poils qu’elle porte sur son museau, puisque la taupe vit dans un milieu sans lumière.
C'est un animal qui a le sens de la propriété qui ne tolère aucun congénère en dehors de la période d'accouplement. La femelle met bas une fois par an de 2 à 5 petits.


Talpa du Miocène : Proscapanus

Proscapanus sansaniensis a été retrouvée en Allemagne, en France et en Suisse.
Pour les faluns d’Anjou Touraine, Proscapanus est typique de MN5, (elle n’a pas été retrouvée au MN3). Ceci signifie qu’elle est apparue par migration. Cela peut paraître curieux qu’un animal aussi lent soit capable de migration, parce qu’on imagine qu’une taupe ne doit pas couvrir quelques centaines de mètres dans toute sa vie ! Mais à l’échelle de millions d’années, même à raison d’un mètre par an, cela finit pas faire une distance de migration considérable !

Apparemment Proscapanus ressemblait beaucoup à notre taupe de jardins, tout au moins pour ce qui est du squelette.

Les taupes actuelles n’aiment pas les terrains trop humides ou sableux. Dans les forêts du miocène, Proscapanus devait bien s’accommoder des pluies tropicales qui devaient avoir tendance à inonder son habitat? Elle est apparue tardivement dans le bassin de la Loire au Langhien. Les changements climatiques en cours à cette époque ont pu favoriser sa dispersion.

Les répartitions géographiques des 5 espèces actuelles européennes de taupes ne se juxtaposent pas, puisque chaque région n’en compte qu’une seule espèce, rarement 2. L’étude des fossiles en Europe montre que la faune de talpas était plus riche au miocène, puisque plusieurs espèces ont été recensées sur les mêmes sites.

Cependant, pour le cas particulier des faluns, on n’en recense qu’une seule espèce. La rareté du matériel trouvé n’a pas permis jusqu’à maintenant d’en définir d’autres.

 

Dimylus