Les fossiles des vertébrés des faluns du val de Loire Carnivores
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Amphicyonidés

« Un herbivore a tout le temps peur, un carnivore a tout le temps faim…»

Les Amphicyons au quotidien

Les amphicyonidés sont des animaux aux caractères intermédiaires entre les chiens et les ours. C’est pourquoi on les appelle parfois les chiens-ours. Toutefois, la famille constitue une lignée de carnivores disparus, distincte de ces 2 autres groupes.
Ce sont des animaux plantigrades : ils marchent sur la paume des mains et la plante des pieds. Cette façon de marcher accrédite l’hypothèse d’un animal plutôt forestier, comme l’ours.
La surface importante de contact au sol des membres n’est pas sans conséquence sur les déplacements de l’animal. AmphicyonLors du mouvement d’avant en arrière d’un membre, il oblige l’animal à relever significativement le plat de la patte pour pouvoir avancer le membre sans heurter le sol.
Ce mouvement de pliage du bout de la patte est préjudiciable à l’aisance de déplacement et en plus il consomme de l’énergie. Alors Amphicyon a dû trouver une méthode plus souple pour marcher. Des traces trouvées en Amérique du Nord montrent que pour éviter ce repli systématique du bout de la patte, Amphicyon évoluait de manière pendulaire en basculant d’un côté sur l’autre. Une fois posé sur les 2 pattes du côté droit, les membres gauches avançaient conjointement.

L’ours qui est aussi plantigrade marche parfois de la même façon. Cette méthode si elle permet d’avancer, n’est cependant pas propice à la course. Tous les sprinteurs savent que le secret de la vitesse est de ne pas bouger le haut du corps.

Donc pour courir le problème est posé différemment.
Pour acquérir un peu de vitesse, Il faut soit :

  • Replier rapidement le bout de patte levée, ce qui ne contribue pas à la fluidité du mouvement.
  • Passer à une locomotion digitigrade pour évoluer plus haut.
  • Evoluer par bonds successifs pour prendre de la hauteur et favoriser le repli des membres arrière sous le corps.

Et justement, les Amphicyonidés avaient des membres bien adaptés au saut.amphicyon giganteus

En outre, un autre avantage de la locomotion plantigrade, est qu’elle abîme peu les griffes, il est donc possible de saisir une proie plus facilement. Amphicyon aurait donc plutôt chassé à l’affût. L’hypothèse d’un animal de « coups de rein » est servie par la robustesse des os des membres capables de servir d’attache à de puissants muscles sur les épaules et les cuisses. Par contre, cette ossature lourde ne favorise pas la course sur de longues distances.

Herpestes AurelianensisLes amphicyons ont une formule dentaire assez complète (primitive…) pour des carnivores qui rappelle celle des canidés. Les prémolaires et les premières molaires tranchantes pouvaient découper les chairs, les molaires arrière émoussées, pouvaient broyer les os.

Comme beaucoup de carnivores, on pense que les Amphicyons pouvaient avoir un régime un peu omnivore pour compenser les mauvaises fortunes de chasse. L'appareil masticateur est bien disposé par ce régime mixte. Reste que les Amphicyonidés étaient les carnivores tout en haut de la chaîne alimentaire. Megamphicyon Giganteus a été le roi du miocène MN5.

 

Le casse-tête des paléontologues

Jusqu’au début des années 1960, le groupe Amphicyon a été le fourre-tout de toutes les espèces de carnivores du miocène de la taille d’un chien moyen à celle d’un grizzly.
De fait, les plus petits amphicyonidés ont l’aspect général d’un chien allongé et les plus gros de ces animaux (Amphicyon (Megamphicyon) Giganteus, d’un poids de presque 400 kg) présentent l’aspect général d’un ours à cause de leur musculature prodigieuse.
Au début, on a estimé que les Amphicyons étaient sujets à des variations de taille individuelles, au même titre que les chiens. En effet, il est difficile de s’imaginer qu’un chiwawa et qu’un berger danois font bel et bien partie de la même espèce.
A cela on a ajouté la possibilité d’un dimorphisme sexuel qui aurait pu être expliquer des différences de taille entre les restes retrouvés.

A y regarder de plus près, les paléontologues ont fini par faire un tri, et finalement établir une arborescence assez foisonnante au point qu’il est difficile à un amateur de déterminer dans quelle catégorie classer les fossiles.

De manière synthétique, 8 genres d’amphicyonidés ont été répertoriés dans les faluns :

  • Amphicyon
  • Cynelos
  • Janvierocyon
  • Pseudarctos
  • Pseudocyon
  • Thaumastocyon
  • Ictyocyon

Ces genres ne se sont pas tous côtoyés parce que certains avaient disparu avant l’apparition des autres.