Les fossiles des vertébrés des faluns du val de Loire Artiodactyles
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Brachyodus

Une dentition qui chagrine...

C’est au niveau de la dentition que l’animal est le plus énigmatique. Compte tenu du fait que le museau est étroit, toutes les dents sont pratiquement alignées sur le côté des mandibules et maxillaires. Ceci est le résultat de l’amincissement de la gueule qui ne laisse plus assez de place pour positionner les dents côte à côte sur le devant de la bouche. Quelques incisives se développent de manière démesurée.
Et les canines sont reléguées derrière. Elles sont fines et prennent la forme d’incisives! Les incisivesdent de conohyus remplacent les canines et vise versa !
Brachyodus devait se nourrir essentiellement de plantes à cause des molaires présentant une surface triturante importante. S’il est reconnu que les ancêtres de Brachyodus devaient avoir un mode de vie amphibie, l’écologie de Brachyodus est plus discutée. Cet animal reste sans conteste un herbivore mais ses incisives sont de dimensions si disparates qu’elles ne sont pas adaptées pour couper les végétaux. Et on parlera pas des prémolaires pointues.

AgrandirIl faudrait peut-être s'intéresser aux hippopotames qui ont une configuration dentaire finalement assez similaire à Brachyodus. Ce sont de purs herbivores, qui quittent la rivière la nuit pour aller brouter sur les berges.

Les dents de Brachyodus sont caractéristiques au niveau de l’émail. On dit qu’elles sont chagrinées.
Pour ce qui est du relief de l’émail, des petits réticules apparaissent dans le sens de la longueur, pour ce qui concerne l’aspect, l’émail semble contenir de petites impuretés noires.
Même un petit fragment d'émail est toujours facilement reconnaissable...

 

Un animal insolite

On a décrit 2 espèces de Brachyodus dans les faluns. Brachyodus intermedius et B. onoidus qui est le fruit de l’évolution du précédent. Il y a environ 18 millions d’années, Brachyodus disparaît de France, sans laisser de descendance. C’est un des marqueurs paléontologiques d’une époque. Il n’est donc pas contemporain de la mer des faluns qui date d’environ de -15 mA (MN 5). Ses restes ont été remaniés de dépôts plus anciens (MN 3 ou 4).
Il s’agit d’un animal bizarre qu'il est difficile de comparer à des animaux actuels. Il devait avoir la taille d’un gros âne. Etant un Suina, il est forcément un peu cousin de nos cochons. Pendant longtemps on en a fait un proche parent de l'hippopotame.
L’animal est plutôt haut sur pattes et donc de type coureur. Mais les os sont très massifs au point qu’on a donné le nom d’espèce Onoidus (pesant) à cet animal.
Les surfaces d’accrochage des tendons sur les os dénotent une musculature puissante favorisant l’aptitude à la course.